• Le Prestige - Christopher Priest

    Bien avant de lire cet ouvrage, je me suis rendue à une séance de cinéma (en 2006, ça file un coup de vieux !) sans attente aucune, simplement motivée à l'idée de voir un film en compagnie de ma soeur. 

    Quelle magnifique surprise ce film a été...Servi par une prestation grandiose de chacun des acteurs, un scénario complexe et bien ficelé, une ambiance et une photographie superbes...En somme, à mes yeux, une totale réussite dont le seul bémol que j'aurais à apporter serait peut-être, les quelques longueurs propres à chacun des films de Christopher Nolan (mais j'taime quand même hein, on est pas fâchés, dis ?).

    Maintenant que j'ai lu le livre, je peux affimer que de nombreuses différences, notamment substantielles, sont observables entre chacun des supports.

    Cela dit, je ne suis jamais contre l'adaptation plutôt libre d'une oeuvre littéraire à l'écran, bien au contraire... Tant que cela est convaincant, alors ce n'est qu'une façon de revisiter, s'approprier pour mieux la communiquer, une oeuvre. Pour moi, le plaisir n'en est alors que décuplé si l'affaire est réussie, dans la mesure où j'ai l'impression de suivre dans un univers A une histoire initalement découverte dans un univers B. 

    En l'occurence, "Le Prestige" est à mes yeux un bon exemple d'une adaptation réussie.

    Tiens, d'ailleurs, je suis sûre que tu n'attendais que ça, Lecteur Assidu, alors la voici, la bande-annonce : 

     

     

    Mais fi de ces digressions ! Parlons si ce n'est peu, au moins bien (ou tentons de !). "Le prestige" ça raconte à peu près ça : 

    " Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, s'affrontent dans un duel sans merci. 
    Trois générations plus tard, au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu'il s'appelle en fait Andrew Borden, et qu'une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XIXe siècle. Quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais..."

    Franchement, j'avoue que la lecture du quatrième de couverture ne donne pas réellement envie de s'intéresser à l'oeuvre. C'est bien dommage, d'ailleurs ! Alors Lecteur Lambda, ne passe pas ton chemin, prends deux minutes de ton précieux temps, et laisse-toi convaincre par mon avis (t'es obligé, sinon j'vais tout l'dire à ma maman).

    Depuis l'écriture jusqu'à l'intrigue en passant même par la forme (mélangeant les points de vue des multiples personnages, à travers l'action au présent et à travers la lecture des journaux intimes respectifs de Borden et d'Angier), tout dans ce roman est captivant.

    La rencontre entre les deux protagonistes actuels (Andrew et Kate) ne sert (presque) que de prétexte pour situer le lecteur en tant que témoin de la guerre que se mèneront Angier et Borden de leur vivant. Chacun des personnages est à sa façon intriguant, insupportable, pleinement humain et franchement pathétique. 

    Au-delà du monde la magie qui là encore pourrait passer pour un prétexte, Christopher Priest nous dépeint principalement deux hommes qui, sans s'être jamais réellement parlé (autrement qu'à travers des missives), vont pourtant avoir une influence (néfaste) considérable dans la vie de l'autre et conditionner leur existence respective.

    Leur histoire est celle d'une rencontre gâchée, d'une amitié avortée mûe en une haine d'autant plus imparable qu'elle est teintée d'admiration.

    Cette rivalité qui va confronter Angier et Borden n'est pas née ex nihilo, puisqu'elle a été inspirée à Christopher Priest par celle qui opposait déjà le prestidigateur Pinetti à Oudin au XVIIIe siècle (source : Wikipédia). 

    En ce qui me concerne, j'ai été particulièrement sensible aux introspections de chacun des personnages. Cela m'a interrogée sur ma propre existence, l'influence des autres sur cette dernière, en bien comme en mal, la façon dont un comportement a pu (me) conditionner ou renforcer des convictions, en somme, comment nous sommes façonnés plus ou moins par autrui.

    Finalement, j'ai ressenti une réelle empathie, que ce soit pour Angier ou Borden, malgré le caractère abominable de certains de leurs actes. Leur aveuglement aura terni leur jugement passant les frontières du Temps, puisque en quelque sorte cette "malédiction" poursuivra également leurs descendants.

    Toute la question est de savoir si la paix saura finalement se conclure entre les deux camps, et si oui, à quel prix ? 

    Indépendamment de tout l'intérêt que représentent à eux seuls chacun des personnages, l'inscription dans l'univers de la magie, m'a aussi beaucoup plu, et a été à mon avis bien retranscrite par Priest par rapport à son époque (les avancées techniques, comme l'électricité, par exemple).

    Sur le plan rédactionnel, l'écriture (tout du moins la traduction) est très agréable, très fluide, dans le même temps subtile, j'ai beaucoup aimé.

    Alors, clairement, c'est avec un grand enthousiasme que je recommande la lecture du roman, et si vous êtes vraiment curieux, je vous invite à regarder le film, qui vaut également fortement le détour.

     

     

    Le Prestige - Christopher Priest

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 27 Octobre 2013 à 22:04

    La science fiction ce n'est pas ma tasse de thé. En revanche, j'aimerais bien voir le film. 

    2
    Lundi 28 Octobre 2013 à 10:01

    J'ai le film, je pourrais te le prêter, si tu le souhaites !

    3
    Mardi 29 Octobre 2013 à 19:00

    Avec plaisir ! Quand je reviendrai dans le pays

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